Mort d'Alain Robbe-Grillet
Par Valeriane EULRY le lundi 18 février 2008, 21:02 - Actualité Littéraire - Lien permanent
Celui que l'on considérait comme le chef de file du Nouveau Roman s'est éteint la nuit dernière à l'âge de 85 ans.
Il avait été remarqué dès 1953 pour son innovant premier roman Les gommes. C'est à propos de l'un de ses titres suivant, La Jalousie (1957), que fut utilisé pour la première fois le terme de "Nouveau Roman", mais de façon sarcastique par un critique. Alain Robbe-Grillet cependant exploite le terme et s'en fait le théoricien (Pour un nouveau roman, 1963), et réunit autour de lui toute une nouvelle génération d'auteurs (Marguerite Duras, Michel Butor, Nathalie Sarraute, Samuel Beckett, Claude Simon ...), pour la plupart attachés aux Editions de Minuit.
Si le Nouveau Roman a souvent été rapproché du mouvement de la Nouvelle Vague au cinéma, né dans les mêmes années, il faut mentionner le travail d'Alain Robbe-Grillet comme scénariste, en particulier auprès du cinéaste Alain Resnais.
Elu en 2004 à l'Académie Française, il n'y aura jamais mis les pieds ! Il est aujourd'hui parti et les immortels n'auront jamais entendu le discours de réception de ce provocateur qui refusait de porter "l'habit vert". Restera une oeuvre expérimentale et énigmatique, mais qui a totalement transformé la littérature française ...



Commentaires
En ce qui me concerne, je ne suis pas bien certaine que l'oeuvre de Robbe-Grillet ait considérablement transformé la littérature française, mais ce qui est sûr pour moi, c'est que le nouveau roman c'était surtout Nathalie Sarraute, et ce qu'elle écrivait allait bien plus loin que la création d'un nouveau courant littéraire. Ses réflexions, analyses, travaux sur l'épitexte, le contexte, l'écriture du "mot que l'on a au bord des lèvres" m'ont passionnée et je recommande vivement la lecture de "Enfance", "L'usage de la parole", "Disent les imbéciles".
Tiens donc !
Je n'avais pas entendu parler de cela ! De l'inconvénient de mourir juste après Henri Salvador, dans une société où les media ont - il faut le dire - oublié de s'intéresser à la littérature.
Je garde de l'œuvre de Robbe-Grillet la lecture de l'excellente <em>Maison de rendez-vous</em>, ainsi que de son essai <em>Pour un nouveau roman</em>.
Fondateur, c'est le terme. Et provocateur, certainement. A la recherche des honneurs, aussi. Puisqu'il faut bien postuler, voire manigancer un peu pour arriver à l'Académie, même si c'est ensuite pour ne pas y mettre les pieds.
Robbe-Grillet, beaucoup lui reprochent surtout ses scenarii pornographiques, son hermétisme et sa prétention. Il faut bien avouer que ces trois reproches sont fondés.
Mais il n'y a pas beaucoup d'auteurs intéressants parmi les gens bien sous tous rapports...
Tu n'as pas tort Hélène, j'aime beaucoup l'écriture de Nathalie Sarraute, merci la fac, de m'avoir fait découvrir cet auteur : "Enfance", "Le planétarium", ... Comme quoi un texte profond et innovant peut être servi par une écriture accessible ...
C'est vrai également Nicolas. en ce qui me concerne, sans faire partie de ses détracteurs,j'avoue que je ne suis jamais parvenue à pénétrer l'univers de cet écrivain. Je ne m'en formalise pas plus que cela, il y a tellement d'autres livres que j'ai lu et lirai jusqu'au bout !