Club de lecture des bloggeuses : "Je, François Villon" @
Par Valeriane EULRY le samedi 1 mars 2008, 20:17 - Critiques de livres - Lien permanent
François Villon ! Le thème était plein de promesses : du poète, nous sont parvenus quelques vers à peine, mais sa légende a commencé de s'écrire de son vivant ...
Né quand mourrait Jeanne d'Arc, François Villon, parisien orphelin élevé par un chanoine, fait des études pour devenir clerc. S'il développe un don exceptionnel pour la poésie, c'est accompagné d'un goût certain pour l'irrévérence.
L'époque est agitée : guerre, famine et épidémies, manifestations étudiantes et répressions policières (eh oui !) ; François Villon fait rapidement l'école buissonnière (Mais quoy ! je fuyoië l'escolle / Comme fait le mauvaiz enffant) et se trouve mêlé à diverses rixes et larcins. A-t-il rejoint les Coquillards, sorte de "mafia" de l'époque ? Quittant Paris où il devient un peu trop recherché pour ses méfaits, on le retrouve à Blois à la cour de Charles d'Orléans, comme courtisan-poète ! Ensuite, sa trace se suit de nouveau grâce à des procès-verbaux : Villon est emprisonné à plusieurs reprises. Après quoi il décide de retourner à Paris où il se trouve aussitôt emprisonné pour rixe et larcin de nouveau. Condamné à être pendu, il fait appel et sa peine est commuée en 10 ans de bannissement. On perd sa trace ici ... il s'est tout simplement évanoui dans la nature !
Voilà un personnage dont la vie elle-même est déjà un roman. Une vérité historique mâtinée de suppositions et de fantasmes, voilà qui ne pouvait qu'inspirer largement l'auteur Jean Teulé. François Villon, grand inspirateur des romantiques était un artiste vraiment "rock'n roll" si vous me passez l'anachronisme ... mais, de là à en faire cet espèce de psychopathe sadien que Teulé nous décrit !
Car, oui, de descriptions nous en sommes abreuvés. Tortures, meurtres, viols, le texte dégouline littéralement d'hémoglobine et de m... Le moyen-âge a été violent et sale certes, mais ici il est exclusivement réduit à ses aspects les plus "trash". Teulé nous offre les Chants de Maldoror de François Villon.
Et pourtant je l'ai lu jusqu'au bout. Parce qu'au milieu de la prose complaisante de Teulé on peut lire la poésie savoureuse de François Villon. Et pour moi cela a été une superbe découverte. Dans sa nature originale que je me prenais à lire à haute voix, quel délice que d'entendre chanter la sonorité gracieuse de ces vers médiévaux. Dans sa traduction en français moderne, quel plaisir que d'apprécier l'humour subtile de ces ballades trucculentes. De la subtilité... C'est exactement la qualité qui manque à ce roman.
Jean Teulé Je, François Villon
* Julliard 2006, ISBN-13: 978-2260016830, Prix éditeur: 20,00 €
* Pocket 2007, ISBN-13: 978-2266166539, Prix éditeur: 7,10 €








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Commentaires
Voilà une lecture qui n'a laissé personne indifférent et en cela c'est une édition très réussie du club . Merci de ta participation Valeriane !
Manque de subtilité... voilà exactement l'expression qui convient! J'ai quand même bien aimé mais des fois, c'était vraiment ouuufffff!!!
Eh, mais tu lis un livre par jour?
C'est impressionnant!
Je connaissais TEULE comme scénariste/dessinateur BD, mais pas comme écrivain.
Un roman Rock'n'Roll à lire en écoutant Nirvana ou Marylin Manson.
Etonnant comme les points de vue varient : moi je l'ai bien aimé ce bouquin, et bien sûr savouré la poésie de Villon, mais j'ai vraiment apprécié que l'auteur se l'approprie. Il y avait une dimension "road-movie" au Moyen Age dans cette geste et j'avais chroniqué une opinion bien favorable à l'époque sur mon blog. Comme quoi ! En ce moment je découvre, grâce à une collègue, Marcus Malte avec "Garden of Love" : étonnant, déroutant, captivant, inquiétant.
J'avoue que je n'ai pas trop d'affinités avec cet auteur, mais merci Valériane car, même là, tu arrives à faire passer quelque chose
Je, Sylvie Stiévenard..., ai entrepris la lecture de Je, François Villon, entreprise inachevée pour les raisons décrites dans ce billet. J'ai cependant apprécié de lire et de redécouvrir la poésie de François Villon.
Du même auteur, j'ai pris plaisir à lire "Le Magasin des Suicidés" paru chez Julliard en 2007. Un récit un peu loufoque, à prendre bien évidemment au 35ème degré, avec un personnage central charmant, zozotant et très gai. Et, une fin très inattendue.
Valériane, je viens seulement de voir ton message...j'espère qu'il va être vite réparé;bon courage.
Moi-même j'ai des sentiments ambivalents pour ce livre, ce n'est ni le rejet catégorique ni une lecture sans fausse note. Ce qui est étonnant c'est que j'ai tout de même envie de lire Teulé de nouveau, notamment pour "Le magasin des suicides", tu me confirmes cette envie Sylvie, mais aussi son tout dernier "Le Montespan" dont le thème me tente terriblement !
@ Véronique : merci pour ton soutien ! ^^
mais tu serais passé a coté de l'humour de ce passionné d' A. Rimbaud de ce personnage tout droit sortit et rescapé des années 80, qu'est jean teuteulé ahahahaaha...