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mercredi 14 mai 2008

Décès de Nuala O'Faolain

Nuala O'FaolainSuite à un cancer métastasé et incurable diagnostiqué début mars, Nuala O’Faolain est morte vendredi 9 mai dans la soirée. Ses obsèques ont lieu hier à Dublin, sa ville natale.
Cette journaliste irlandaise était aussi une militante féministe et politique. C'est son récit On s'est déjà vu quelque part ? qui fera d'elle une écrivain reconnue. Elle y relate son enfance irlandaise dans le Dublin extrèmement pauvre des années 50 au sein d'une famille de neuf enfants, avec un père absent et une mère cherchant refuge dans l'alcool. Avec beaucoup d'humour elle retraçait son parcours, ce combat gagné sur la vie pour devenir une femme de lettres.

L'histoire de Chicago MayElle a pouruivi dans l'écriture avec Chimères, J'y suis presque et L'Histoire de Chicago May (tous publiés chez Sabine Wespieser) et pour lequel elle a reçu le Prix Femina étranger 2006. Ce roman biographique sur la vie d'une hors-la-loi irlandaise célèbre me semblait tout à fait passionnant et les critiques ont été plus qu'élogieuses. Je comptais le lire à l'occasion de sa parution en 10/18, ce sera ma façon de lui rendre hommage. Sabine Wespieser publiera en août son ultime roman : Best love Rosie.

Pour les anglophones, sa dernière interview pour l'Irish Independent News.

mardi 26 février 2008

Un oscar pour Philippe Pollet-Villard !

Philippe Pollet-Villard aux OscarsLa France a découvert hier les résultats de la Cérémonie des Oscars : nos compatriotes étaient à l'honneur cette année ! Mais connaissez-vous Philippe Pollet-Villard, le lauréat de l'Oscar du meilleur court-métrage ?
J'ai littéralement bondi en lisant la dépêche ! Il faut vous dire que Philippe Pollet-Villard est un homme à plusieurs facettes ... Scénariste et réalisateur de documentaires et de publicités, il est donc passé à la fiction avec ce court-métrage primé (qui a aussi obtenu un César ...), promettant de revenir pour un long. Dans la fiction, il est également entré en littérature avec aujourd'hui deux romans à son actif.

Je peux vous dire que son premier roman, L'homme qui marchait avec une balle dans la tête m'avait alors vraiment marqué : si je me souviens bien, c'était le roman de la rentrée littéraire 2006 qui m'avait le plus touché. Il faut dire que, bien que Philippe Pollet-Villard soit déjà depuis longtemps familiarisé avec l'écriture de par son métier de scénariste, la maturité littéraire de ce premier roman m'avait impressionnée !

L'homme qui marchait avec une balle dans la têteCette histoire lui a été inspirée par sa rencontre avec un homme étonnant : un ancien gangster (avec une balle dans la tête) ! Il a choisi d'en faire un roman ...
On suit donc Jean-Pierre, de l'enfance à la maturité, au gré de ses amitiés, de ses amours, de ses casses et ses cavales. Des déambulations nimbées de l'ambiance très particulière des réflexions d'un homme qui cherche un sens à sa vie. La vie extraordinaire d'un homme ordinaire, surtout faite de rencontres : son ami d'enfance qui deviendra commissaire (son meilleur ennemi ...), les frères manouches rencontrés en prison, les femmes qui ont compté ... Et il est incroyable de voir combien ces individus sont tous extraordinairement attachants, parfois loufoques mais jamais pathétiques. Et tout cela grâce à la grande subtilité de l'écriture de Philippe Pollet-Villard.

Que son talent de conteur soit reconnu dans le monde de l'image contribuera, je l'éspère, à le faire connaître dans le monde de la littérature. D'autant qu'est paru en janvier son deuxième roman au titre très poétique La fabrique des souvenirs, sur lequel je lorgne depuis. Et il va sans dire que je vais m'empresser de découvrir ce fameux court-métrage (également primé aux Césars)...

Philippe Pollet-Villard L'homme qui marchait avec une balle dans la tête
* Flammarion 2006, ISBN-13: 978-2080690395, Prix éditeur: 19,00 €
* J'ai Lu 2008, ISBN-13: 978-2290003282, Prix éditeur: 6,70 €


Un extrait :
Petit à petit, c'est devenu clair pour tout le monde, y compris pour mon père, que j'étais devenu un gangster. Avec Bruno et Gros Marc nous vivions ainsi, dans la superficie des comptoirs en évitant toujours l'obscurité des coffres. Nous étions au sens propre du mot des saltimbanques, parce qu'en italien, salto in banco c'est l'art de sauter sur un banc, et qu'en Italie, un même mot désigne depuis toujours un banc et un comptoir. Nous étions donc des saltimbanques, très sûrs de notre numéro, et nous ne faisions pas la quête.

lundi 18 février 2008

Mort d'Alain Robbe-Grillet

Alain Robbe-GrilletCelui que l'on considérait comme le chef de file du Nouveau Roman s'est éteint la nuit dernière à l'âge de 85 ans.
Il avait été remarqué dès 1953 pour son innovant premier roman Les gommes. C'est à propos de l'un de ses titres suivant, La Jalousie (1957), que fut utilisé pour la première fois le terme de "Nouveau Roman", mais de façon sarcastique par un critique. Alain Robbe-Grillet cependant exploite le terme et s'en fait le théoricien (Pour un nouveau roman, 1963), et réunit autour de lui toute une nouvelle génération d'auteurs (Marguerite Duras, Michel Butor, Nathalie Sarraute, Samuel Beckett, Claude Simon ...), pour la plupart attachés aux Editions de Minuit.
Si le Nouveau Roman a souvent été rapproché du mouvement de la Nouvelle Vague au cinéma, né dans les mêmes années, il faut mentionner le travail d'Alain Robbe-Grillet comme scénariste, en particulier auprès du cinéaste Alain Resnais.
Elu en 2004 à l'Académie Française, il n'y aura jamais mis les pieds ! Il est aujourd'hui parti et les immortels n'auront jamais entendu le discours de réception de ce provocateur qui refusait de porter "l'habit vert". Restera une oeuvre expérimentale et énigmatique, mais qui a totalement transformé la littérature française ...