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mardi 1 juillet 2008

Blogoclub : "Un été prodigue" @@@ et "Une rivière sur la lune" @@@

Le Blogoclub (anciennement ''Club de lecture des bloggeuses'') avait choisi comme lecture du jour Un été prodigue de Barbara Kingsolver ; pour ma plus grande joie, vous pouvez vous en douter ! En effet, je vous avais déjà parlé de cette auteur que j'affectionne particulièrement (3 billets rien que pour elle quand même !), notamment d'Un été prodigue qui compte parmi mes favoris. Mon avis est ->ici<-

Une rivière sur la lune
Une rivière sur la luneJ'ai donc déjà écrit sur pratiquement tous les titres de Kingsolver. Il restait celui-ci. Probablement parce qu'il m'a fallu beaucoup de temps et de recul pour réfléchir à ce roman avec lequel j'ai tout d'abord eu un rapport epidermique : entre attirance et détestation. Je pense que je l'ai lu trop jeune et que certains thèmes étaient alors trop proche de moi pour que je sois à l'aise avec ce texte.
Mais j'ai senti qu'il contenait quelque chose de profond, d'important. Je l'ai relu, plus tard, et j'ai été touchée. Si le message écologique est toujours présent (la narratrice est professeur de biologie et essaie de transmettre valeurs et connaissances à ses élèves), le thème principal du roman selon moi est tout autre.
Cody revient chez elle, dans le désert d'Arizona, après 14 ans d'absence pour s'occuper de son père atteint d'Alhzeimer, alors que sa soeur avec laquelle elle connait une relation fusionnelle est au Nicaragua. Ce retour va déclencher en elle un processus de mémoire. Elle va se souvenir de son enfance, de ses rapports avec son père, sa soeur, de ces moments difficiles de l'adolescence. Finalement, en fuyant elle n'avait pas pu intégrer tout cela à sa vie. Revenir va lui permettre d'accepter sa propre histoire, de pouvoir la regarder en face, et d'appréhender différemment sa relation au père.

Ce roman particulièrement émouvant est cela avant tout : une réflexion autour de l'amour familial, intense et complexe. Si ce thème est important dans beaucoup de ses romans et nouvelles, c'est dans ce texte qu'il est le plus travaillé. Un livre que je n'oublierai pas ... un Kingsolver en somme ! ;-)

Barbara Kingsolver Une rivière sur la lune (Rivages Poche 2003)
ISBN : 978-2743611712 Prix éditeur: 9,00 €


Blogoclub Les avis sont partagés sur Un été prodigue ! Lisez les autres critiques du Blogoclub ->ici<-

dimanche 22 juin 2008

Essai : La société immédiate @

La société immédiateLes éditions Calmann-Lévy m'ont envoyé, dans le cadre du programme ''Masse critique'' de Babelio, un ouvrage sociologique de Pascal Josèphe intitulé La société immédiate. L'auteur, un influent professionnel de la télévision, se penche sur l'évolution de la société des médias et des habitudes de "consommation" médiatiques.

On y trouve un historique rapide de l'évolution de la communication : l'écrit fut l'apanage d'une élite puis s'accélera en se démocratisant. L'arrivée de l'audiovisuel a entraîné une mise en spectacle du monde, puis de soi-même avec l'évènement du numérique.
Le rapport à l'image a changé. La télévision, de miroir s'est faite voyeuse grâce aux nouvelles technologies, puis maternante et autoritaire avec la télé-réalité assistanat ; personne n'y échappe : partout on regarde et on est regardé.
Tout ceci a entraîné une "discordance des temps". La communication de plus en plus immédiate empêche la mise en perspective du propos. Selon lui, cette immédiateté se répercute dans toutes les dimensions de la vie sociale. Concernant les arguments que l'on pourrait faire valoir en faveur de cette instantanéité, par exemple l'interaction directe entre internautes, l'auteur évoque l'utopie de la démocratie directe.
En effet, l'exarcerbation des individualités au détriment du collectif réduit au contraire la capacité à lutter contre le totalitarisme ...

Voici un ouvrage assez rapide et facile à lire qui traite d'un sujet sur lequel il est bon de s'arrêter un moment pour réfléchir, dans cette société où tout va si vite. Je ne serais en revanche pas aussi alarmiste que l'auteur. Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain, l'interactivité apportée avec internet peut créer des réseaux formidable, et ce n'est aucun des bloggeurs de RegionsJob qui me contredira !

Pascale Josèphe La société immédiate (Calmann-Lévy 2008)
ISBN : 978-2702138434 Prix éditeur: 16,00 €


Retrouvez d'autres critiques de ce livre sur : Masse critique

vendredi 2 mai 2008

Club de Lecture des Bloggeuses : Pauline @

PaulineCe mois-ci, le ''club de lecture des bloggeuses'' mettait le XIXème à l'honneur et c'est le titre Pauline d'Alexandre Dumas qui a été choisi. Il m'a fallu un peu de temps pour rentrer dans cette écriture du XIXème après avoir lu plusieurs romans contemporains. C'est dans ces moments-là que l'on prend conscience de l'évolution de la langue et du récit en seulement un ou deux siècles ...

Il m'a donc fallu un temps d'adaptation pour retrouver le charme du classicisme d'une narration où l'on prend le temps de situer, de décrire, de faire référence. Dumas s'amuse de plus à une mise en abyme qui fait durer le suspense (la frustration avez-vous dit ?) en imbriquant trois narrations les unes dans les autres. Le narrateur nous relate ce que son ami lui a raconté, lui-même se l'étant vu confier par Pauline.

Bien que ce roman n'ait pas été publié en feuilleton, on retrouve vraiment le sens du rebondissement et du théâtralisme de Dumas. Il lui manque cependant la touche d'humour et de grandiloquence qui font ma joie dans ses romans de cape et d'épée. J'ai parfois levé un sourcil féministe devant certains poncifs d'un autre temps ("Le courage est l'une des plus grandes séductions de l'homme sur la femme : est-ce à cause de notre faiblesse et parce que, ne pouvant rien par nous-même, il nous faut éternellement un appui ? " ).

Mais justement, il est stupéfiant de constater à quel point Dumas s'inscrit dans son époque, multipliant les références musicales, romanesques ou théâtrales comme autant de portes entrouvertes vers d'autres délices. Ce roman résolument romantique m'a donné envie de me replonger dans cette pèriode qui m'avait tant emballé pendant mes années de fac. Les personnages romantiques ont une telle ambiguïté, les drames sont si haletants... Comment après cela voulez-vous que je résiste au ''swap de Cape et d'épée'' ? ;-)

Lisez les autres avis sur ce roman, la liste est ici ClubLectureBloggeuses

vendredi 14 mars 2008

Document : "Les années Spoutnik" @@

Les années SpoutnikJ'ai choisi ce livre dans le cadre du programme Masse Critique de Babelio. C'est bien sûr le titre qui m'a attirée, passionnée comme je le suis par la Conquête Spatiale ! Eh bien je ne l'ai pas regretté ...

Jacques Barberi, auteur français de science-fiction, nous relate les premieres années de la présence humaine dans l'espace à travers l'aventure de deux personnages incroyables. Avez-vous déjà entendu parler des frères Judica Cordiglia ? Moi je ne connaissais aucunement l'existence de ces deux italiens passionnés. Et pourtant, voilà une histoire qui vaut le détour !
A l'époque des premières tentatives russes et américaines, les frangins sont radioamateurs (ils récupèrent leur matèriel dans les rebuts de l'armée occupante qui vient de quitter le pays). Ils se révèlent rapidement très doués pour la conception d'antennes novatrices. Lorsque l'on annonce que les Russes ont envoyé un satellite en orbite, ils ne peuvent que relever ce défi ... avec succès. Ils seront les premiers en Europe à entendre le bip bip caractéristique. Et ils n'ont que 17 ans !
Dès lors, ils ne cesseront plus d'écouter le ciel, leurs succès techniques étant la ligne rouge qui nous fait parcourir cette histoire incroyable qu'est la conquête spatiale, faite de secrets, de grandes réussites ou de terribles drames. J'ai appris énormément de choses, en particulier du coté soviétique ou le secret et la désinformation était tellement la règle ... Saviez-vous par exemple que Iouri Gagarine n'était pas le premier homme dans l'espace, mais le premier à en être revenu vivant ?

SpoutnikCroyez-moi, à la lecture de ce texte j'ai bondi régulièrement ("ça alors c'est incroyable !"), souri, souvent, devant les extraodinaires inventions des frangins, été submergée par l'emotion parfois, face aux drames terribles qui se sont déroulés dans l'espace et dont ils ont été les témoins.
Bref, un très bon bouquin que je recommande à tous ceux qui aiment l'espace, mais aussi à ceux qui sont friants des histoires type "David contre Goliath". Un seul bémol à ce livre, la seule raison par laquelle je ne lui donne pas la "note" maximale : pourquoi l'auteur n'a-t-il pas choisi un ordre chronologique qui aurait tout à fait convenu à ce récit historique ? Je n'ai pas vraiment compris les chapitres thématiques qui apportent peu à la démarche mais permettent souvent d'embrouiller le lecteur. Quel dommage, mais heureusement cela n'a pas permis de me gâcher la lecture de cette histoire sidérale et sidérante ...

Jacques Barberi Les années Spoutnik (Co-édition Naïve/Arte, 1997)
ISBN-13: 978-2350211053, Prix éditeur: 18,00 €



Retrouvez d'autres critiques de ce livre sur : Masse critique

samedi 1 mars 2008

Club de lecture des bloggeuses : "Je, François Villon" @

Je, François VillonFrançois Villon ! Le thème était plein de promesses : du poète, nous sont parvenus quelques vers à peine, mais sa légende a commencé de s'écrire de son vivant ...
Né quand mourrait Jeanne d'Arc, François Villon, parisien orphelin élevé par un chanoine, fait des études pour devenir clerc. S'il développe un don exceptionnel pour la poésie, c'est accompagné d'un goût certain pour l'irrévérence.
L'époque est agitée : guerre, famine et épidémies, manifestations étudiantes et répressions policières (eh oui !) ; François Villon fait rapidement l'école buissonnière (Mais quoy ! je fuyoië l'escolle / Comme fait le mauvaiz enffant) et se trouve mêlé à diverses rixes et larcins. A-t-il rejoint les Coquillards, sorte de "mafia" de l'époque ? Quittant Paris où il devient un peu trop recherché pour ses méfaits, on le retrouve à Blois à la cour de Charles d'Orléans, comme courtisan-poète ! Ensuite, sa trace se suit de nouveau grâce à des procès-verbaux : Villon est emprisonné à plusieurs reprises. Après quoi il décide de retourner à Paris où il se trouve aussitôt emprisonné pour rixe et larcin de nouveau. Condamné à être pendu, il fait appel et sa peine est commuée en 10 ans de bannissement. On perd sa trace ici ... il s'est tout simplement évanoui dans la nature !

François VillonVoilà un personnage dont la vie elle-même est déjà un roman. Une vérité historique mâtinée de suppositions et de fantasmes, voilà qui ne pouvait qu'inspirer largement l'auteur Jean Teulé. François Villon, grand inspirateur des romantiques était un artiste vraiment "rock'n roll" si vous me passez l'anachronisme ... mais, de là à en faire cet espèce de psychopathe sadien que Teulé nous décrit !

Car, oui, de descriptions nous en sommes abreuvés. Tortures, meurtres, viols, le texte dégouline littéralement d'hémoglobine et de m... Le moyen-âge a été violent et sale certes, mais ici il est exclusivement réduit à ses aspects les plus "trash". Teulé nous offre les Chants de Maldoror de François Villon.

Et pourtant je l'ai lu jusqu'au bout. Parce qu'au milieu de la prose complaisante de Teulé on peut lire la poésie savoureuse de François Villon. Et pour moi cela a été une superbe découverte. Dans sa nature originale que je me prenais à lire à haute voix, quel délice que d'entendre chanter la sonorité gracieuse de ces vers médiévaux. Dans sa traduction en français moderne, quel plaisir que d'apprécier l'humour subtile de ces ballades trucculentes. De la subtilité... C'est exactement la qualité qui manque à ce roman.

Jean Teulé Je, François Villon
* Julliard 2006, ISBN-13: 978-2260016830, Prix éditeur: 20,00 €
* Pocket 2007, ISBN-13: 978-2266166539, Prix éditeur: 7,10 €


ClubLectureBloggeuses

mardi 26 février 2008

Un oscar pour Philippe Pollet-Villard !

Philippe Pollet-Villard aux OscarsLa France a découvert hier les résultats de la Cérémonie des Oscars : nos compatriotes étaient à l'honneur cette année ! Mais connaissez-vous Philippe Pollet-Villard, le lauréat de l'Oscar du meilleur court-métrage ?
J'ai littéralement bondi en lisant la dépêche ! Il faut vous dire que Philippe Pollet-Villard est un homme à plusieurs facettes ... Scénariste et réalisateur de documentaires et de publicités, il est donc passé à la fiction avec ce court-métrage primé (qui a aussi obtenu un César ...), promettant de revenir pour un long. Dans la fiction, il est également entré en littérature avec aujourd'hui deux romans à son actif.

Je peux vous dire que son premier roman, L'homme qui marchait avec une balle dans la tête m'avait alors vraiment marqué : si je me souviens bien, c'était le roman de la rentrée littéraire 2006 qui m'avait le plus touché. Il faut dire que, bien que Philippe Pollet-Villard soit déjà depuis longtemps familiarisé avec l'écriture de par son métier de scénariste, la maturité littéraire de ce premier roman m'avait impressionnée !

L'homme qui marchait avec une balle dans la têteCette histoire lui a été inspirée par sa rencontre avec un homme étonnant : un ancien gangster (avec une balle dans la tête) ! Il a choisi d'en faire un roman ...
On suit donc Jean-Pierre, de l'enfance à la maturité, au gré de ses amitiés, de ses amours, de ses casses et ses cavales. Des déambulations nimbées de l'ambiance très particulière des réflexions d'un homme qui cherche un sens à sa vie. La vie extraordinaire d'un homme ordinaire, surtout faite de rencontres : son ami d'enfance qui deviendra commissaire (son meilleur ennemi ...), les frères manouches rencontrés en prison, les femmes qui ont compté ... Et il est incroyable de voir combien ces individus sont tous extraordinairement attachants, parfois loufoques mais jamais pathétiques. Et tout cela grâce à la grande subtilité de l'écriture de Philippe Pollet-Villard.

Que son talent de conteur soit reconnu dans le monde de l'image contribuera, je l'éspère, à le faire connaître dans le monde de la littérature. D'autant qu'est paru en janvier son deuxième roman au titre très poétique La fabrique des souvenirs, sur lequel je lorgne depuis. Et il va sans dire que je vais m'empresser de découvrir ce fameux court-métrage (également primé aux Césars)...

Philippe Pollet-Villard L'homme qui marchait avec une balle dans la tête
* Flammarion 2006, ISBN-13: 978-2080690395, Prix éditeur: 19,00 €
* J'ai Lu 2008, ISBN-13: 978-2290003282, Prix éditeur: 6,70 €


Un extrait :
Petit à petit, c'est devenu clair pour tout le monde, y compris pour mon père, que j'étais devenu un gangster. Avec Bruno et Gros Marc nous vivions ainsi, dans la superficie des comptoirs en évitant toujours l'obscurité des coffres. Nous étions au sens propre du mot des saltimbanques, parce qu'en italien, salto in banco c'est l'art de sauter sur un banc, et qu'en Italie, un même mot désigne depuis toujours un banc et un comptoir. Nous étions donc des saltimbanques, très sûrs de notre numéro, et nous ne faisions pas la quête.

samedi 16 février 2008

Barbara Kingsolver : la littérature du respect

Barbara KingsolverIl était certain qu'un jour j'allais vous parler de Barbara Kingsolver : elle fait partie de mes auteurs favoris ! J'ai lu la totalité de ses romans et je connais nombre de personnes qui, comme moi, se sont attachés à cette écriture unique et l'ont suivie livre après livre. C'est avec plaisir que je vous fait partager aujourd'hui ma perception de l'oeuvre formidable de cette femme qui ne l'est pas moins ; peut-être à votre tour vous mettrez-vous ensuite à dévorer ses écrits.

Barbara Kingsolver est née dans le Kentucky, puis est partie s'installer en Arizona, grand état désertique et sauvage des Etats-Unis, où elle vit aujourd'hui. Diplômée de biologie, elle est également poète et militante des droits de l'homme. Cela est tout a fait représentatif des thèmes qu'elle aborde dans ses romans, dont je vais à présent vous parler ...

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samedi 9 février 2008

Nouvelles : "Une île sous le vent" @@

Une île sous le ventLe seul titre de Barbara Kingsolver que je n'avais pas encore lu traînait depuis 2 ans dans ma pile à lire, probablement parce qu'il s'agissait d'un recueil de nouvelles, genre avec lequel je suis peu à l'aise ... Mais le défi du Nom de la Rose m'a donné un excellent prétexte pour remonter l'ouvrage en haut de la pile !

Au final, j'ai beaucoup aimé ce petit bouquin, qui m'a accompagné deci-delà pendant plusieurs jours : un morceau lu dans le tram entre deux arrêts, un autre entre le plat du jour et le thé à la menthe à ma pause de midi. J'ai été, comme toujours avec Barbara Kingsolver, fascinée par les micro-univers qu'elle crée, attachée à ses personnages, rendue pensive par les épreuves qu'ils doivent traverser.
Et c'est là que le format de la nouvelle me contrarie. Ces personnages, je n'avais pas envie de les quitter si vite, moi !!! Quel sentiment de frustration quand (à l'exception de quelques nouvelles plus "classiques" type mini-roman) j'avais le sentiment d'avoir juste un extrait d'une histoire bien plus riche ...
Je le sais bien, vous me direz (et vous aurez absolument raison !) que c'est là tout l'intérêt du genre de la nouvelle. C'est vrai. C'est juste la nouvelle qui n'est pas mon genre.

Et pourtant, j'ai aimé ce livre, je m'y suis vraiment attachée et c'est avec plaisir et assiduité que je m'y suis plongée chaque jour. Alors si vous, vous aimez lire des histoires courtes, qui possèdent un réel pouvoir de suggestion, je suis certaine que les propos de Barbara Kingsolver sauront vous toucher.
Car je n'ai pas encore parlé des thématiques abordées, typiques de l'ensemble de l'oeuvre de cette auteur (et c'est aussi pour ça que je l'aime!) : écologie, écoute des traditions ancestrales, amour et relations conflictuelles au sein de la famille, maternité, lutte des classes, curiosité et ouverture aux autres, ...
Mais je sens bien que je la caricature en la réduisant à quelques mots juxtaposés. Allez, c'est décidé, vous aurez très prochainement un billet complet sur Barbara Kingsolver, qui a sa place d'honneur à mon panthéon personnel !

Barbara Kingsolver Une île sous le vent
Rivages 2004, ISBN-13: 978-2743612887, Prix éditeur: 18,50 €
Rivages Poche 2005, ISBN-13: 978-2743614676, Prix éditeur: 8,50 €

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dimanche 27 janvier 2008

Roman : "Mon traître" @@@

Mon traîtreVoici un des romans les plus forts que j'ai lu depuis longtemps et, bien que l'année ne vienne de commencer, je crois que ce livre fera partie de mes plus grands coups de coeur en 2008.
Sorj Chalandon est un grand reporter qui a longtemps travaillé à Libération et a reçu en 1988 le Prix Albert Londres pour ses reportages sur l'Irlande du Nord et le procès de Klaus Barbie. Autant vous dire que ce roman contient une grande part autobiographique, ce qui rend l'emotion d'autant plus poignante et authentique.

Antoine est un luthier parisien qui a découvert l'Irlande du Nord sur un coup de tête. Cela va bouleverser sa vie, tant sa fascination pour ce pays, sa révolte, ne va cesser de grandir.
Il rencontre un jour Tyrone Meehan, un combattant que tous admirent et respectent. Entre les deux hommes, une amitié très intense va naître, chacun voyant sans doute en l'autre ce qui lui manque. L'amitié de toute une vie.
Mais un jour la vérité, ignorée de tous, éclate : Tyrone Meehane trahit l'IRA pour les anglais depuis des decennies. Pour Antoine, le monde vacille, tous ses repères s'effondrent ...

Sorj ChalandonMalgré les évènements de l'Histoire qu'il nous fait traverser, ce roman est extraordinairement intimiste. On reste toujours au plus près des emotions, du froid ou de la chaleur, des poignées de main, du goût amer de la Guinness, des silences, des sourires et des chansons... Mon coeur de lectrice a battu à l'unisson de celui du narrateur tout au long du roman, et c'est un sentiment incroyable.
Sorj Chalandon a une écriture merveilleuse, faite d'une poésie épurée, incroyablement évocatrice. Il avait eu l'année passée le prix Médicis pour son deuxième roman Une promesse, et je ne pourrais pas concevoir que celui-ci ne connaisse pas le même succès populaire et critique.

Sorj Chalandon Mon traître (Grasset, 2008)
ISBN-13: 978-2246726111 Prix éditeur: EUR 17,90


Vous pouvez découvrir le premier chapitre de ce roman ici.

dimanche 6 janvier 2008

BD coup de coeur : "De Cape et de Crocs" @@@

Quand j'ai vu que le 8ème tome de la série de bande dessinée De Cape et de Crocs était paru, mon sang n'a fait qu'un tour ! Mes bonnes résolutions (lever le pied sur les achats de livres en fin d'année) ont volé en éclats et je me suis vite emparé de l'objet tant convoité. Pourquoi tant d'empressement me direz-vous ?

De Cape et de Crocs T8Ah, c'est que, De Cape et de Crocs et moi, c'est une grande histoire d'amour ! Et pour cause : tous les ingrédients étaient réunis pour me séduire à coup sûr. Je vous présente la bande dessinée la plus littéraire que je connaisse. Non, non, il ne s'agit en aucun cas d'un roman dessiné. C'est un hommage constant à la littérature classique et au théâtre.


Avis aux amateurs de chansons de geste médiévales, de romans de cape et d'épée, d'aventures maritimes, de théâtre en vers et de poésie, et surtout, car c'est le plus important, d'humour. Le comique de situation se mêle sans arrêt aux subtiles jeux de langage.

De Cape et de Crocs T1Vous dénicherez des références en pagailles : le Roman de Renard, Molière, Dumas, Jules Verne et surtout Cyrano de Bergerac (voilà qui devrait ravir au moins un de nos bloggeurs, n'est-ce pas Christian ? ;-) ), et sans doute encore d'autres qui m'ont échappées.

Vous l'aurez compris, cette série est un véritable régal, pour peu que l'on aime les bons mots et la fantaisie. Car il y a en effet bien peu de rationnel dans cette aventure et c'est portés par les rêves et les chimères que l'on suit nos savoureux personnages.

Allez, je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager la vidéo bande-annonce qui a été réalisée à l'occasion du 8ème (et pas ultime comme je le croyais) tome de la série. Attention, vous allez en prendre plein les yeux !

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