Ce mois-ci, le ''club de lecture des bloggeuses'' mettait le XIXème à l'honneur et c'est le titre Pauline d'Alexandre Dumas qui a été choisi. Il m'a fallu un peu de temps pour rentrer dans cette écriture du XIXème après avoir lu plusieurs romans contemporains. C'est dans ces moments-là que l'on prend conscience de l'évolution de la langue et du récit en seulement un ou deux siècles ...
Il m'a donc fallu un temps d'adaptation pour retrouver le charme du classicisme d'une narration où l'on prend le temps de situer, de décrire, de faire référence. Dumas s'amuse de plus à une mise en abyme qui fait durer le suspense (la frustration avez-vous dit ?) en imbriquant trois narrations les unes dans les autres. Le narrateur nous relate ce que son ami lui a raconté, lui-même se l'étant vu confier par Pauline.
Bien que ce roman n'ait pas été publié en feuilleton, on retrouve vraiment le sens du rebondissement et du théâtralisme de Dumas. Il lui manque cependant la touche d'humour et de grandiloquence qui font ma joie dans ses romans de cape et d'épée. J'ai parfois levé un sourcil féministe devant certains poncifs d'un autre temps ("Le courage est l'une des plus grandes séductions de l'homme sur la femme : est-ce à cause de notre faiblesse et parce que, ne pouvant rien par nous-même, il nous faut éternellement un appui ? " ).
Mais justement, il est stupéfiant de constater à quel point Dumas s'inscrit dans son époque, multipliant les références musicales, romanesques ou théâtrales comme autant de portes entrouvertes vers d'autres délices. Ce roman résolument romantique m'a donné envie de me replonger dans cette pèriode qui m'avait tant emballé pendant mes années de fac. Les personnages romantiques ont une telle ambiguïté, les drames sont si haletants... Comment après cela voulez-vous que je résiste au ''swap de Cape et d'épée'' ? 
Lisez les autres avis sur ce roman, la liste est ici 
Mot clé - littérature française
vendredi 2 mai 2008
Club de Lecture des Bloggeuses : Pauline @
Par Valeriane EULRY le vendredi 2 mai 2008, 20:48 - Critiques de livres
vendredi 14 mars 2008
Document : "Les années Spoutnik" @@
Par Valeriane EULRY le vendredi 14 mars 2008, 09:30 - Critiques de livres
J'ai choisi ce livre dans le cadre du programme Masse Critique de Babelio. C'est bien sûr le titre qui m'a attirée, passionnée comme je le suis par la Conquête Spatiale ! Eh bien je ne l'ai pas regretté ...
Jacques Barberi, auteur français de science-fiction, nous relate les premieres années de la présence humaine dans l'espace à travers l'aventure de deux personnages incroyables. Avez-vous déjà entendu parler des frères Judica Cordiglia ? Moi je ne connaissais aucunement l'existence de ces deux italiens passionnés. Et pourtant, voilà une histoire qui vaut le détour !
A l'époque des premières tentatives russes et américaines, les frangins sont radioamateurs (ils récupèrent leur matèriel dans les rebuts de l'armée occupante qui vient de quitter le pays). Ils se révèlent rapidement très doués pour la conception d'antennes novatrices. Lorsque l'on annonce que les Russes ont envoyé un satellite en orbite, ils ne peuvent que relever ce défi ... avec succès. Ils seront les premiers en Europe à entendre le bip bip caractéristique. Et ils n'ont que 17 ans !
Dès lors, ils ne cesseront plus d'écouter le ciel, leurs succès techniques étant la ligne rouge qui nous fait parcourir cette histoire incroyable qu'est la conquête spatiale, faite de secrets, de grandes réussites ou de terribles drames. J'ai appris énormément de choses, en particulier du coté soviétique ou le secret et la désinformation était tellement la règle ... Saviez-vous par exemple que Iouri Gagarine n'était pas le premier homme dans l'espace, mais le premier à en être revenu vivant ?
Croyez-moi, à la lecture de ce texte j'ai bondi régulièrement ("ça alors c'est incroyable !"), souri, souvent, devant les extraodinaires inventions des frangins, été submergée par l'emotion parfois, face aux drames terribles qui se sont déroulés dans l'espace et dont ils ont été les témoins.
Bref, un très bon bouquin que je recommande à tous ceux qui aiment l'espace, mais aussi à ceux qui sont friants des histoires type "David contre Goliath". Un seul bémol à ce livre, la seule raison par laquelle je ne lui donne pas la "note" maximale : pourquoi l'auteur n'a-t-il pas choisi un ordre chronologique qui aurait tout à fait convenu à ce récit historique ? Je n'ai pas vraiment compris les chapitres thématiques qui apportent peu à la démarche mais permettent souvent d'embrouiller le lecteur. Quel dommage, mais heureusement cela n'a pas permis de me gâcher la lecture de cette histoire sidérale et sidérante ...
Jacques Barberi Les années Spoutnik (Co-édition Naïve/Arte, 1997)
ISBN-13: 978-2350211053, Prix éditeur: 18,00 €
samedi 1 mars 2008
Club de lecture des bloggeuses : "Je, François Villon" @
Par Valeriane EULRY le samedi 1 mars 2008, 20:17 - Critiques de livres
François Villon ! Le thème était plein de promesses : du poète, nous sont parvenus quelques vers à peine, mais sa légende a commencé de s'écrire de son vivant ...
Né quand mourrait Jeanne d'Arc, François Villon, parisien orphelin élevé par un chanoine, fait des études pour devenir clerc. S'il développe un don exceptionnel pour la poésie, c'est accompagné d'un goût certain pour l'irrévérence.
L'époque est agitée : guerre, famine et épidémies, manifestations étudiantes et répressions policières (eh oui !) ; François Villon fait rapidement l'école buissonnière (Mais quoy ! je fuyoië l'escolle / Comme fait le mauvaiz enffant) et se trouve mêlé à diverses rixes et larcins. A-t-il rejoint les Coquillards, sorte de "mafia" de l'époque ? Quittant Paris où il devient un peu trop recherché pour ses méfaits, on le retrouve à Blois à la cour de Charles d'Orléans, comme courtisan-poète ! Ensuite, sa trace se suit de nouveau grâce à des procès-verbaux : Villon est emprisonné à plusieurs reprises. Après quoi il décide de retourner à Paris où il se trouve aussitôt emprisonné pour rixe et larcin de nouveau. Condamné à être pendu, il fait appel et sa peine est commuée en 10 ans de bannissement. On perd sa trace ici ... il s'est tout simplement évanoui dans la nature !
Voilà un personnage dont la vie elle-même est déjà un roman. Une vérité historique mâtinée de suppositions et de fantasmes, voilà qui ne pouvait qu'inspirer largement l'auteur Jean Teulé. François Villon, grand inspirateur des romantiques était un artiste vraiment "rock'n roll" si vous me passez l'anachronisme ... mais, de là à en faire cet espèce de psychopathe sadien que Teulé nous décrit !
Car, oui, de descriptions nous en sommes abreuvés. Tortures, meurtres, viols, le texte dégouline littéralement d'hémoglobine et de m... Le moyen-âge a été violent et sale certes, mais ici il est exclusivement réduit à ses aspects les plus "trash". Teulé nous offre les Chants de Maldoror de François Villon.
Et pourtant je l'ai lu jusqu'au bout. Parce qu'au milieu de la prose complaisante de Teulé on peut lire la poésie savoureuse de François Villon. Et pour moi cela a été une superbe découverte. Dans sa nature originale que je me prenais à lire à haute voix, quel délice que d'entendre chanter la sonorité gracieuse de ces vers médiévaux. Dans sa traduction en français moderne, quel plaisir que d'apprécier l'humour subtile de ces ballades trucculentes. De la subtilité... C'est exactement la qualité qui manque à ce roman.
Jean Teulé Je, François Villon
* Julliard 2006, ISBN-13: 978-2260016830, Prix éditeur: 20,00 €
* Pocket 2007, ISBN-13: 978-2266166539, Prix éditeur: 7,10 €
mercredi 27 février 2008
"Les enfants de l'aube" - coup de coeur d'un lecteur : Christian
Par Valeriane EULRY le mercredi 27 février 2008, 22:15 - Critiques de livres
C’est un roman qui date maintenant, 1978… Cet ouvrage, je me le trimbale depuis 1985…
Le livre est cassé, écorné, griffé, vieilli…les mots qui le composent ne sont rien d’extraordinaire, pas d’effets de style tendance ou de chute vertigineuse vers le Néant…mais une histoire d’Amour qui a simplement le mérite d’exister…
J’aime à m’y replonger tel un adolescent timide qui revient maladivement mille fois sur son vieux magasine érotique caché sous son matelas…, les mêmes pages brunies par les regards incessants…parfois le même paragraphe, la même ligne, le même mot…brulant...
J’aime à m’y replonger encore tel l’amant détruit rongé, terrassé fatigué, en quête d’absolu à la recherche des souvenirs ardents d’une perception, d’un sentiment, d’un touché, d'une onde d'amour, d’une jouissance…
J’aime à m’y replonger enfin tel un père aimant, qui sait qu’il doit faire front, qu’il doit continuer, construire pour mieux donner ensuite…Ne jamais tomber dans le désespoir…aimer sa chair...
C’est l’histoire du Blé en herbe ou de Tristan et Iseult revisité par Patrick Poivre d’Arvor, "un appel à la noblesse, à la grandeur…"
L’histoire de deux âmes qui vivent le même instant, que celui accordé à la météorite qui file avec comme dessein, celui d’embrasser la Terre. L’histoire d’un Amour pathétique et cruel, dépourvu de fioritures adultes et tellement terrestres, l’histoire de deux astres éphémères fait d’or, de lumière et de poussière…
Patrick Poivre d'Arvor Les enfants de l'Aube
* Lattès, ISBN-13: 978-2709625937, Prix éditeur: 14,50 €
* Livre de poche, ISBN-13: 978-2253032243, Prix éditeur: 4,00 €
Qui est Christian ?
Un parcours hétéroclite, après un BAC G3 en poche, je suis sous-officier dans l’Armée de terre, pendant cinq ans, suivi d’une carrière plus commerciale pendant sept ans, puis cadre manageant une centaine de personnes depuis six ans. Les licenciements en tout genres ne m’ont pas épargnés et de reprises d’études en VAE, je suis aujourd’hui diplômé d’un Master (Ingénierie Commerciale). En recherche active depuis plus d’un an dans les métiers du recrutement que je connais bien, il semble que les professionnels des RH ne souhaitent pas m’accorder leur confiance. Aujourd’hui, je pense axer de nouveau mes recherches dans la vente, la distribution, le management.
Depuis mon licenciement j’ai créé un blog qui m’a permis de faire la connaissance de personnalités très riches, dont Valériane qui nous enchante avec sa culture lyrique et c’est volontiers que j’ai accepté, de vous livrer un de mes livres favoris.
mardi 26 février 2008
Un oscar pour Philippe Pollet-Villard !
Par Valeriane EULRY le mardi 26 février 2008, 06:24 - Actualité Littéraire
La France a découvert hier les résultats de la Cérémonie des Oscars : nos compatriotes étaient à l'honneur cette année ! Mais connaissez-vous Philippe Pollet-Villard, le lauréat de l'Oscar du meilleur court-métrage ?
J'ai littéralement bondi en lisant la dépêche ! Il faut vous dire que Philippe Pollet-Villard est un homme à plusieurs facettes ... Scénariste et réalisateur de documentaires et de publicités, il est donc passé à la fiction avec ce court-métrage primé (qui a aussi obtenu un César ...), promettant de revenir pour un long. Dans la fiction, il est également entré en littérature avec aujourd'hui deux romans à son actif.
Je peux vous dire que son premier roman, L'homme qui marchait avec une balle dans la tête m'avait alors vraiment marqué : si je me souviens bien, c'était le roman de la rentrée littéraire 2006 qui m'avait le plus touché. Il faut dire que, bien que Philippe Pollet-Villard soit déjà depuis longtemps familiarisé avec l'écriture de par son métier de scénariste, la maturité littéraire de ce premier roman m'avait impressionnée !
Cette histoire lui a été inspirée par sa rencontre avec un homme étonnant : un ancien gangster (avec une balle dans la tête) ! Il a choisi d'en faire un roman ...
On suit donc Jean-Pierre, de l'enfance à la maturité, au gré de ses amitiés, de ses amours, de ses casses et ses cavales. Des déambulations nimbées de l'ambiance très particulière des réflexions d'un homme qui cherche un sens à sa vie. La vie extraordinaire d'un homme ordinaire, surtout faite de rencontres : son ami d'enfance qui deviendra commissaire (son meilleur ennemi ...), les frères manouches rencontrés en prison, les femmes qui ont compté ... Et il est incroyable de voir combien ces individus sont tous extraordinairement attachants, parfois loufoques mais jamais pathétiques. Et tout cela grâce à la grande subtilité de l'écriture de Philippe Pollet-Villard.
Que son talent de conteur soit reconnu dans le monde de l'image contribuera, je l'éspère, à le faire connaître dans le monde de la littérature. D'autant qu'est paru en janvier son deuxième roman au titre très poétique La fabrique des souvenirs, sur lequel je lorgne depuis. Et il va sans dire que je vais m'empresser de découvrir ce fameux court-métrage (également primé aux Césars)...
Philippe Pollet-Villard L'homme qui marchait avec une balle dans la tête
* Flammarion 2006, ISBN-13: 978-2080690395, Prix éditeur: 19,00 €
* J'ai Lu 2008, ISBN-13: 978-2290003282, Prix éditeur: 6,70 €
Un extrait :
Petit à petit, c'est devenu clair pour tout le monde, y compris pour mon père, que j'étais devenu un gangster. Avec Bruno et Gros Marc nous vivions ainsi, dans la superficie des comptoirs en évitant toujours l'obscurité des coffres. Nous étions au sens propre du mot des saltimbanques, parce qu'en italien, salto in banco c'est l'art de sauter sur un banc, et qu'en Italie, un même mot désigne depuis toujours un banc et un comptoir. Nous étions donc des saltimbanques, très sûrs de notre numéro, et nous ne faisions pas la quête.
dimanche 24 février 2008
"Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte" - coup de coeur d'une libraire : Katia
Par Valeriane EULRY le dimanche 24 février 2008, 16:22 - Critiques de livres
Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte nous entraîne à Certigny dans le 93. Cette commune de la banlieue parisienne est composée de trois cités tenues par différents caïds opérant des trafics en tout genre : les Grands-Chênes avec les frères Lakdaoui, les Sablières menées par Boubakar et enfin le Moulin où l’influence des Salafistes est fortement ressentie.
Thierry Jonquet, après avoir planté le décor, nous fait suivre Anna Doblinsky jeune enseignante tout juste sortie de l’IUFM et qui se voit attribuer comme premier poste le collège de Certigny. Plongée dans ce no man’s land où la police n’a pas droit de cité, elle découvre la violence entre bandes rivales, la misère sociale et culturelle de ses élèves (qui savent tout de la Star Academy mais rien de leurs cours). Son attention se porte alors sur un élément particulièrement prometteur : Lakdar Abdane. Ce jeune beur au charisme fort, déterminé à réussir souffre pourtant d’une infirmité qui va provoquer chez lui une véritable prise de conscience…
Thierry Jonquet produit ici une vraie chronique sociale. L’aspect psychologique des personnages est très fouillé. Cette plongée au cœur des cités nous fait revivre la crise des banlieues de 2005 . Un roman noir et efficace comme on les aime sans fioritures qui marque les esprits. Pour vous donner une idée de l’ambiance on peut rapprocher ce roman de la série produite par Canal + , "La Commune" diffusée il y a peu.

Thierry Jonquet est un auteur au parcours atypique. Engagé politiquement auprès du Parti Communiste, il suit des études de philosophie qu’il abandonne très vite. Après un accident de voiture qui bouleverse sa vie il devient ergothérapeute et travaille successivement dans un service de gériatrie puis auprès de bébés atteint de maladie congénitale. Son parcours explique une fibre sociale particulièrement développée et rendue avec justesse dans ses ouvrages.
Thierry Jonquet Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte
* Seuil 2006, ISBN-13: 978-2020682718, Prix éditeur: 18,00 €
* Points Seuil 2007, ISBN-13: 978-2757805770, Prix éditeur: 7,50 €
Qui est Katia ?
Katia, libraire sur Nantes, ancienne collègue et amie de Valériane.
lundi 18 février 2008
Mort d'Alain Robbe-Grillet
Par Valeriane EULRY le lundi 18 février 2008, 21:02 - Actualité Littéraire
Celui que l'on considérait comme le chef de file du Nouveau Roman s'est éteint la nuit dernière à l'âge de 85 ans.
Il avait été remarqué dès 1953 pour son innovant premier roman Les gommes. C'est à propos de l'un de ses titres suivant, La Jalousie (1957), que fut utilisé pour la première fois le terme de "Nouveau Roman", mais de façon sarcastique par un critique. Alain Robbe-Grillet cependant exploite le terme et s'en fait le théoricien (Pour un nouveau roman, 1963), et réunit autour de lui toute une nouvelle génération d'auteurs (Marguerite Duras, Michel Butor, Nathalie Sarraute, Samuel Beckett, Claude Simon ...), pour la plupart attachés aux Editions de Minuit.
Si le Nouveau Roman a souvent été rapproché du mouvement de la Nouvelle Vague au cinéma, né dans les mêmes années, il faut mentionner le travail d'Alain Robbe-Grillet comme scénariste, en particulier auprès du cinéaste Alain Resnais.
Elu en 2004 à l'Académie Française, il n'y aura jamais mis les pieds ! Il est aujourd'hui parti et les immortels n'auront jamais entendu le discours de réception de ce provocateur qui refusait de porter "l'habit vert". Restera une oeuvre expérimentale et énigmatique, mais qui a totalement transformé la littérature française ...
dimanche 27 janvier 2008
Roman : "Mon traître" @@@
Par Valeriane EULRY le dimanche 27 janvier 2008, 12:25 - Critiques de livres
Voici un des romans les plus forts que j'ai lu depuis longtemps et, bien que l'année ne vienne de commencer, je crois que ce livre fera partie de mes plus grands coups de coeur en 2008.
Sorj Chalandon est un grand reporter qui a longtemps travaillé à Libération et a reçu en 1988 le Prix Albert Londres pour ses reportages sur l'Irlande du Nord et le procès de Klaus Barbie. Autant vous dire que ce roman contient une grande part autobiographique, ce qui rend l'emotion d'autant plus poignante et authentique.
Antoine est un luthier parisien qui a découvert l'Irlande du Nord sur un coup de tête. Cela va bouleverser sa vie, tant sa fascination pour ce pays, sa révolte, ne va cesser de grandir.
Il rencontre un jour Tyrone Meehan, un combattant que tous admirent et respectent. Entre les deux hommes, une amitié très intense va naître, chacun voyant sans doute en l'autre ce qui lui manque. L'amitié de toute une vie.
Mais un jour la vérité, ignorée de tous, éclate : Tyrone Meehane trahit l'IRA pour les anglais depuis des decennies. Pour Antoine, le monde vacille, tous ses repères s'effondrent ...
Malgré les évènements de l'Histoire qu'il nous fait traverser, ce roman est extraordinairement intimiste. On reste toujours au plus près des emotions, du froid ou de la chaleur, des poignées de main, du goût amer de la Guinness, des silences, des sourires et des chansons... Mon coeur de lectrice a battu à l'unisson de celui du narrateur tout au long du roman, et c'est un sentiment incroyable.
Sorj Chalandon a une écriture merveilleuse, faite d'une poésie épurée, incroyablement évocatrice. Il avait eu l'année passée le prix Médicis pour son deuxième roman Une promesse, et je ne pourrais pas concevoir que celui-ci ne connaisse pas le même succès populaire et critique.
Sorj Chalandon Mon traître (Grasset, 2008)
ISBN-13: 978-2246726111 Prix éditeur: EUR 17,90
Vous pouvez découvrir le premier chapitre de ce roman ici.
vendredi 4 janvier 2008
"Les yeux jaunes des crocodiles" - Coup de coeur d'une lectrice : Carole !
Par Valeriane EULRY le vendredi 4 janvier 2008, 22:40 - Critiques de livres
Je vous présente ici ma dernière lecture, Les yeux jaunes des crocodiles de Katherine Pancol, un vrai coup de coeur. D'ailleurs ont-ils vraiment les yeux jaunes ces crocodiles, je dois dire qu'il m'effraient, encore plus depuis que j'ai lu le bouquin.
Il s'agit là d'une sorte de saga familiale. On peut dire que c'est du Zola transposé à notre époque. Monde cruel s'il en est. Personnalités exacerbées.
Différentes générations sont présentées, différentes situations aussi, 600 pages dévorées en un rien de temps ; on s'attache rapidement aux personnages : ils ont chacun une ou des faiblesses, et le plus heureux n'est pas toujours celui qu'on croit...
Je ne connaissais pas cet auteur, née à Casablanca en 1954, arrivée en France à l'âge de cinq ans, elle devient professeur de lettres classiques, puis journaliste ; la couverture, le titre original et le résumé m'ont attirés :
Ce roman se passe à Paris,
Et pourtant on y croise des crocodiles.
Ce roman parle des hommes,
Et des femmes. Celles que nous sommes,
celles que nous voudrions être,
celles que nous ne serons jamais,
celles que nous deviendrons peut-être.
Ce roman est l'histoire d'un mensonge.
Mais aussi une histoire d'amours,
d'amitiés, de trahisons, d'argent, de rêves.
Ce roman est plein de rire et plein de larmes.
Ce roman, c'est la vie.
Je ne vous révèle pas de quel mensonge il s'agit, là est la trame de l'histoire...
Ce livre a obtenu le Prix Maison de la Presse en 2006.
J'espère que vous le lirez aussi !
Katherine Pancol Les Yeux jaunes des crocodiles
* Albin Michel 2006, ISBN : 978-2226169983, Prix éditeur: 22,50 E
* Livre de poche 2007, ISBN : 978-2253121206, Prix éditeur: 7,50 E
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Qui est Carole ?
Carole, 42 ans, 1 fille , résidant à Paris, fortement attirée par le multimédia, souhaitant s'installer prochainement à Nantes, lectrice et adepte du blog de Valériane.
Et inversement 
Les blogs en parlent :
Livres - Les yeux jaunes des crocodiles de Katherine Pancol
Fleur de livres - Les yeux jaunes du crocodile
Enlivrez-vous - "Les yeux jaunes des crocodiles", Katherine Pancol
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mardi 1 janvier 2008
Roman : "La passion selon Juette" @
Par Valeriane EULRY le mardi 1 janvier 2008, 16:34 - Critiques de livres
A Huy (actuelle Belgique), vécut au XIIème siècle une jeune fille du nom de Juette. Clara Dupont-Monod s'est inspiré du témoignage du religieux Hugues de Floreffe pour donner vie à ce personnage dont on ne savait alors pratiquement rien. Juette est une fillette rêveuse et enjouée, ce qui déplaît fortement à l'Eglise. Mariée par son père à 13 ans, elle souffre terriblement de la brutalité au quotidien d'une telle situation, brisée dans sa gaieté de vivre.
Lorsque son mari décède, elle a 18 ans et a déjà subi trois accouchements. Elle refuse alors catégoriquement à son père de la remarier, voyant le diable s'incarner dans les hommes. Au grand scandale de la bonne société qui la croit folle, elle vend tous ses biens et va vivre auprès des lépreux. Juette commence à avoir des visions de la Vierge, à qui elle se dévoue entièrement. De plus en plus de femmes se rallient alors à elle, qui prône la désobéissance au mariage et une foi simple et totale, sans l'intermédiaire hypocrite qu'est l'Eglise. Evidemment, elle suscite tout autant de haine, de la part des hommes qu'elle condamne, et de l'Eglise qui taxe d'hérétique son discours contestataire.
La passion selon Juette vous entraîne dans un Moyen-Âge totalement défait de ses clichés et autres images d'Epinal. Clara Dupont-Monod ne cherche pas à nous peindre un décor pittoresque, mais à se rapprocher au plus près des corps et des pensées. Huit siècles nous séparent et pourtant ces êtres humains sont emotionnellement incroyablement proches de nous, intemporels. Car Juette est une héroïne résolument moderne, féministe bien avant que cette notion voie le jour. Voici une oeuvre à même de nourrir une véritable reflexion.
Clara Dupont-Monod La passion selon Juette (Grasset, 2007)
ISBN 978-2246615712 Prix éditeur: EUR 17,90
Vous pouvez lire le premier chapitre de ce roman ici !
Les blogs en parlent :
Lily et ses livres - La passion selon Juette @ Clara Dupont-Monod
Thé toi et lis ! - La passion selon Juette – Clara Dupont-Monod
Chaperlipopette - Moi, Juette
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