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Passion Libraire

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jeudi 24 avril 2008

Une bourse pour les jeunes libraires

Fondation Jean-Luc LagardèreDepuis 1989, la Fondation Jean-Luc Lagardère attribue chaque année des Bourses de Talents aux jeunes créateurs dans les domaines de la Culture et des Médias.
Elle récompense les projets des auteurs de film d'animation, musiciens, producteurs de cinéma, libraires, journalistes, créateurs numérique, photographes, auteurs de documentaires, scénaristes télé et écrivains.

Bourse de TalentsLes dotations vont de 10 000 à 50 000 €. Pour les libraires, il s'agit d'être âgé de 35 ans au plus et de présenter un concept original dans le domaine de la commercialisation du livre. En 2007, c'est Maud Prigent, libraire guyannaise, qui a été selectionnée.
J'ai aussi remarqué qu'Antoine Rein avait été le lauréat de la bourse Producteur de cinéma en 2000. Or il est aujourd'hui le producteur du césarisé et oscarisé Mozart des pick-pockets de mon auteur fétiche Philippe Pollet-Villard, dont je vous avais déjà parlé.

Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 14 juin alors si vous voulez vous lancer, ne traînez pas !

mardi 11 décembre 2007

Montreuil : la jeunesse a ses prix littéraires !

Salon de montreuil

Du 28 novembre au 3 décembre, s'est tenu à Montreuil le 23ème Salon du Livre Jeunesse. A cette occasion, plusieurs prix ont été decernés :




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vendredi 7 décembre 2007

La Gazette de la S.-F./Fantasy

La Science-Fiction est l'un des genres les plus cloisonnés en littérature. En effet, il est de nombreux amateurs qui ne lisent que dans cette veine, tandis que beaucoup de lecteurs sont rebutés ou effrayés par ce type de romans. Je ne peux que le déplorer, pour les uns comme pour les autres. D'autant que les genres se croisent sans que personne ne s'en aperçoive : avez-vous lu ''1984'' de G. Orwell ou ''Le meilleur des mondes'' d'A. Huxley ?
Il est vrai que ceux-ci ont le bon goût d'être des classiques, et peuvent donc être publiés dans une collection "littérature". Et c'est là que se fait toute la différence ! Un même ouvrage, publié en collection S.F. ou en collection "litté" ne rencontrera pas le même public (par exemple ''Le Dernier monde'', de Céline Minard, paru chez Denoël en littérature bien que cet éditeur possède une excellente collection S.F., a été lu par le grand public et chroniqué par la presse non-spécialisée).

Si je trouve cela dommage, c'est que de nombreuses passerelles peuvent être faites entre les différents sous-genres de la littérature. Cela est même souhaitable tant il existe d'oeuvres de qualité d'un côté comme de l'autre, qui méritent d'être lu par un plus grand nombre. Pour l'instant, je trouve que c'est dans la littérature jeunesse que ce pari est le mieux réussi, où les collections sont moins cloisonnées. Et où l'imaginaire fait moins peur ?

Gazette SF Lorsque je travaillais à la Librairie Coiffard, a commencé à se mettre en place "la Gazette...", petite publication imprimée par la librairie elle-même dans le but de partager ses coups de coeur avec la clientèle autour d'un thème en particulier. La première était "la Gazette du Polar" et on m'a demandé de réaliser le second opus de la Gazette, autour de la S.F. et de la Fantasy. Ce fut un plaisir de faire partager mes coups de coeur et je vous les livre aujourd'hui :

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jeudi 22 novembre 2007

Lecture : "Un roi sans lendemain" @@@

Roi sans lendemain



Je l'avais rapidement mentionné dans un de mes précédents billets, Un roi sans lendemain de Christophe Donner est un de mes coups de coeur de la rentrée littéraire.


L'auteur y mêle très habilement auto-fiction et roman historique.
Henri Norden, le narrateur-alter ego, se voit proposer par une productrice dilettante d'écrire le scénario d'un film sur Louis XVII, victime tragique de la révolution française. Au fur et à mesure de ses recherches historiques sur les évènements qui ont conduit à la mort du jeune roi, Henri échaffaude une théorie : Jacques-René Hebert, écrivain favori des sans-culottes et directeur du Père Duchesne, le journal le plus scandaleux et le plus célèbre de la Révolution, est coupable de cet infanticide. De plus en plus fasciné par cette Histoire qu'il ausculte et sculpte, Henri va accorder aux personnages qu'il fait revivre une place grandissante dans sa vie privée.

Louis XVIIChristophe Donner a réussi un roman très bien composé, où la forme et le fond se répondent à la perfection. C'est un récit envoutant, où la fascination que ressent le narrateur se propage bientôt vers le lecteur lui-même, incapable de se défaire de cette histoire dont il connaît pourtant déjà la fin...
Plus qu'un récit, Donner nous offre également une véritable réflexion sur l'histoire (comment elle est écrite, comment elle est transmise...), iconoclaste assurément !
En bref, un grand roman, de ceux dont on sort nourri.

Christophe Donner Un roi sans lendemain (Grasset, 2007)
ISBN-13: 978-2246625810 Prix éditeur: EUR 20,90

Retrouvez aussi cet article chez Chroniques de Livres

mercredi 14 novembre 2007

Déferlante des prix d'automne ...

Ap J.-C.Grand Prix du Roman de l'Académie Française
Vassilis Alexakis Ap. J.-C. (Stock)







A l'abri de rienPrix France Télévisions Roman
Olivier Adam A l'abri de rien (L'Olivier)

La première phrase :
"Comment ça a commencé ? Comme ça je suppose : moi, seul dans la cuisine, le nez collé à la fenêtre où il n'y a rien".

BirmanePrix Interallié
Christophe Ono-dit-Biot Birmane (Plon)

La première phrase :
"Aujourd' hui, le paradis est à portée de carte bleue."

Baisers de cinéma Prix Femina
Eric Fottorino Baisers de cinéma (Gallimard)

La première phrase :
"Ce récit appartient au XXe siècle."



Stratégie des antilopesPrix Médicis
Jean Hatzfeld La stratégie des antilopes (Seuil)

La première phrase :
"Quand Satan a proposé les sept péchés capitaux aux hommes, l'Africain a tiré la gourmandise et la colère."

Coeur cousuPrix Renaudot des Lycéens
Carole Martinez Le coeur cousu (Gallimard)






Le rapport de BrodeckPrix Goncourt des Lycéens
Philippe Claudel Le rapport de Brodeck (Stock)

La première phrase :
"Je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien."



Alabama song Prix Goncourt
Gilles Leroy Alabama Song (Mercure de France)

La première phrase :
"Soudain, notre ville endormie fut envahie de milliers de jeunes gens, des pauvres gars pour la plupart, arrachés à leur ferme, leur plantation, leur échoppe, venus de tous nos Etats du Sud tandis que leurs officiers frais émoulus de l'école militaire descendaient du Nord, des Grands Lacs et des prairies (jamais depuis la guerre civile on n'avait vu autant de yankees en ville, me dit maman)."

Chagrin d'écolePrix Renaudot
Daniel Pennac Chagrin d'école (Gallimard)






Ni d'Eve ni d'AdamPrix de Flore
Amélie Nothomb Ni d'Eve ni d'Adam (Albin Michel)

La première phrase :
"Le moyen le plus efficace d'apprendre le japonais me parut d'enseigner le français."


Le CerclePrix Décembre
Yannick Haenel Cercle (Gallimard)






Tous les ans, les Prix Littéraires sont contestés : on parle de jurys partiaux, calculateurs, de copinage et assez peu de belles découvertes littéraires. Cette année ne déroge pas à la règle, mais les critiques se sont fait encore plus véhémentes, et pour cause ! Sur les 10 prix que je vous ai présenté, 5 reviennent à la maison Gallimard (Mercure de France en est une filiale à 100 %, dirigée par Isabelle Gallimard herself). Comme on pouvait s'en douter, la grogne est sévère chez les autres éditeurs, à l'instar d'Héloïse d'Ormesson qui, on le comprend, se demande un auteur de talent comme ceux qu'elle publie et défend peut espérer être primé autrement qu'en publiant chez Gallimard.

Un autre "coup de gueule" que je relaie est celui de Christophe Donner, dont j'ai vraiment aimé le dernier titre : Un roi sans lendemain (Grasset), qui a bien failli remporter le Prix France Télévision (attribué par un irréprochable jury de téléspectateurs, et non d'académiciens, au méritant Olivier Adam pour A l'abri de rien chez l'Olivier) et le Prix Renaudot, pour lequel il était largement favori. Le problème vient justement de ce prix, attribué à Daniel Pennac pour Chagrin d'école (Gallimard encore) ... qui ne faisait pas partie de la sélection ! Il s'agissait dit-on d"un "coup de coeur" du président (dont la voix compte pour deux). Je pense que c'est quelque chose que l'on aurait pu comprendre s'il s'était agi d'un jeune auteur prometteur que l'on eut voulu propulser sur le devant de la scène. Or personne ne dira que Daniel Pennac avait besoin d'un prix pour faire parler de son livre, qui figurait depuis sa sortie parmi les meilleures ventes.