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Tag - rentrée littéraire

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mardi 1 janvier 2008

Roman : "La passion selon Juette" @

Sainte Ivette A Huy (actuelle Belgique), vécut au XIIème siècle une jeune fille du nom de Juette. Clara Dupont-Monod s'est inspiré du témoignage du religieux Hugues de Floreffe pour donner vie à ce personnage dont on ne savait alors pratiquement rien. Juette est une fillette rêveuse et enjouée, ce qui déplaît fortement à l'Eglise. Mariée par son père à 13 ans, elle souffre terriblement de la brutalité au quotidien d'une telle situation, brisée dans sa gaieté de vivre.

Lorsque son mari décède, elle a 18 ans et a déjà subi trois accouchements. Elle refuse alors catégoriquement à son père de la remarier, voyant le diable s'incarner dans les hommes. Au grand scandale de la bonne société qui la croit folle, elle vend tous ses biens et va vivre auprès des lépreux. Juette commence à avoir des visions de la Vierge, à qui elle se dévoue entièrement. De plus en plus de femmes se rallient alors à elle, qui prône la désobéissance au mariage et une foi simple et totale, sans l'intermédiaire hypocrite qu'est l'Eglise. Evidemment, elle suscite tout autant de haine, de la part des hommes qu'elle condamne, et de l'Eglise qui taxe d'hérétique son discours contestataire.

La passion selon JuetteLa passion selon Juette vous entraîne dans un Moyen-Âge totalement défait de ses clichés et autres images d'Epinal. Clara Dupont-Monod ne cherche pas à nous peindre un décor pittoresque, mais à se rapprocher au plus près des corps et des pensées. Huit siècles nous séparent et pourtant ces êtres humains sont emotionnellement incroyablement proches de nous, intemporels. Car Juette est une héroïne résolument moderne, féministe bien avant que cette notion voie le jour. Voici une oeuvre à même de nourrir une véritable reflexion.

Clara Dupont-Monod La passion selon Juette (Grasset, 2007)
ISBN 978-2246615712 Prix éditeur: EUR 17,90


Vous pouvez lire le premier chapitre de ce roman ici !

Les blogs en parlent :
Lily et ses livres - La passion selon Juette @ Clara Dupont-Monod
Thé toi et lis ! - La passion selon Juette – Clara Dupont-Monod
Chaperlipopette - Moi, Juette

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vendredi 21 décembre 2007

"La Physique des catastrophes" - Coup de coeur d'une lectrice : Véronique !

Marisha Pessl a 27 ans et les défauts de ses qualités : elle est brillante et prolixe, drôle et désespérée, acidulée et agaçante, et dotée d’un grand talent. Son premier roman  La Physique des catastrophes (2006) a reçu de nombreux prix aux Etats-Unis et Gallimard vient de l’éditer.Physique des catastrophes
Elle retrace l’histoire d’un adolescente américaine d’aujourd’hui dans ses pérégrinations aux Etats-Unis à la suite de son père - avec qui elle vit - brillant professeur de sciences politiques et grand charmeur. Le roman s’attarde, comme un arrêt sur image, sur un moment de leur vie dans une petite ville, où des relations se nouent et où son personnage, Bleue van Meer, fait la connaissance d’une femme belle et énigmatique, Hannah Schneider, professeur dans son lycée. La mort de ce professeur va provoquer une sorte d’enquête à rebours sur le personnage.
Pour donner une idée de son style, on pourrait par exemple évoquer John Irving dans Le monde selon Garp.
Petit extrait de l’art du portrait par Marisha Pessl  (elle évoque son amoureux transis qu’elle croise dans un couloir) : (…) «  Un jour, cependant, juste après le déjeuner, alors que je claquais la porte de mon casier, je trouvai Zach derrière moi avec un sourire un peu comme une tente : un côté droit, l’autre mou.
« Bonjour, Bleue », dit-il d’une voix raide comme des chaussures neuves.
Etonnamment, mon cœur se mit à sauter à la corde. (…) Il fallait que je trouve quelque chose à dire, une excuse, une bonne raison de l’avoir laissé tomber au cabaret de Noël comme un gant qu’on égare en hiver. »
Marisha Pessl est américaine et vit à New-York. Elle est souvent mordante, joue de toutes sortes de procédés littéraires (parfois un peu trop), et traque au passage, via de multiples personnages, la société américaine contemporaine. On entendra sûrement parler d’elle dans les années qui viennent.
illustration-Marisha Plessel

Marisha Pessl La Physique des catastrophes (Gallimard 2007)
ISBN-13: 978-2070776207 Prix éditeur: EUR 24,50


Qui est Véronique ?

Véronique RabuteauVéronique - productrice de documentaires, lectrice invétérée (qui a fait du site de Valériane sa librairie virtuelle préférée!) Merci Véronique :-)

Les blogs en parlent :
Buzz... littéraire - un campus novel dans le buzz de la rentrée littéraire...
litteraturepassion - "La physique des catastrophes" de Marisha Pessl *****
Les identités plurielles… - Coup de foudre littéraire: “La physique des catastrophes” de Marisha Pessl

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mercredi 5 décembre 2007

Lecture : "Jamais de la vie" @@@

Jamais de la vie
Depuis longtemps l'on me parlait de Françoise Moreau comme une auteur à la superbe écriture.
Jamais de la vie est le dernier de ses romans parus et le premier que j'ai lu. Je ne peux que confirmer qu'il s'agit d'une auteur remarquable, peu médiatisée malheureusement.

Jamais de la vie est un récit de vie, une vie sans autre aventure que les épreuves du quotidien. Blanche est une petite fille inhibée et secrète qui préfère constamment se réfugier dans ses mondes imaginaires plutôt que d'affronter la vie réelle. Elle se crée ainsi un cocon rassurant, fait de rêves et de douceur. Cela agace singulièrement les adultes qui l'entourent, avec lesquelles la communication paraît impossible, qui ne comprennent pas son apathie et préfèreraient voir une enfant insouciante et pleine de vie.

Mais Blanche ne veut pas se frotter à la vie et c'est toujours bien malgré elle qu'elle se verra progressivement chassée de son univers enfantin. Ainsi, elle finira par accepter sa propre existence et à commencer à vivre car, pour cela, il n'est jamais trop tard.
Jamais de la vie-photoFrançoise Moreau nous offre un personnage atypique et très attachant. L'ambiance ouatée qu'elle installe, empreinte de la mélancolie d'un jour de pluie, est absolument envoûtante. Passées les premières pages un peu déroutantes, on ne peut plus quitter la comagnie de Blanche jusqu'à l'épilogue.
Voici un roman qui laisse aussi pensif et rêveur que son héroïne ...

Françoise Moreau Jamais de la vie (Diabase, 2007)
ISBN-13: 978-2911438516 Prix éditeur: EUR 17,00

On en parle aussi à la librairie Tournez la page ...
Retrouvez cette critique chez Chroniques de livres.

jeudi 22 novembre 2007

Lecture : "Un roi sans lendemain" @@@

Roi sans lendemain



Je l'avais rapidement mentionné dans un de mes précédents billets, Un roi sans lendemain de Christophe Donner est un de mes coups de coeur de la rentrée littéraire.


L'auteur y mêle très habilement auto-fiction et roman historique.
Henri Norden, le narrateur-alter ego, se voit proposer par une productrice dilettante d'écrire le scénario d'un film sur Louis XVII, victime tragique de la révolution française. Au fur et à mesure de ses recherches historiques sur les évènements qui ont conduit à la mort du jeune roi, Henri échaffaude une théorie : Jacques-René Hebert, écrivain favori des sans-culottes et directeur du Père Duchesne, le journal le plus scandaleux et le plus célèbre de la Révolution, est coupable de cet infanticide. De plus en plus fasciné par cette Histoire qu'il ausculte et sculpte, Henri va accorder aux personnages qu'il fait revivre une place grandissante dans sa vie privée.

Louis XVIIChristophe Donner a réussi un roman très bien composé, où la forme et le fond se répondent à la perfection. C'est un récit envoutant, où la fascination que ressent le narrateur se propage bientôt vers le lecteur lui-même, incapable de se défaire de cette histoire dont il connaît pourtant déjà la fin...
Plus qu'un récit, Donner nous offre également une véritable réflexion sur l'histoire (comment elle est écrite, comment elle est transmise...), iconoclaste assurément !
En bref, un grand roman, de ceux dont on sort nourri.

Christophe Donner Un roi sans lendemain (Grasset, 2007)
ISBN-13: 978-2246625810 Prix éditeur: EUR 20,90

Retrouvez aussi cet article chez Chroniques de Livres

mercredi 14 novembre 2007

Déferlante des prix d'automne ...

Ap J.-C.Grand Prix du Roman de l'Académie Française
Vassilis Alexakis Ap. J.-C. (Stock)







A l'abri de rienPrix France Télévisions Roman
Olivier Adam A l'abri de rien (L'Olivier)

La première phrase :
"Comment ça a commencé ? Comme ça je suppose : moi, seul dans la cuisine, le nez collé à la fenêtre où il n'y a rien".

BirmanePrix Interallié
Christophe Ono-dit-Biot Birmane (Plon)

La première phrase :
"Aujourd' hui, le paradis est à portée de carte bleue."

Baisers de cinéma Prix Femina
Eric Fottorino Baisers de cinéma (Gallimard)

La première phrase :
"Ce récit appartient au XXe siècle."



Stratégie des antilopesPrix Médicis
Jean Hatzfeld La stratégie des antilopes (Seuil)

La première phrase :
"Quand Satan a proposé les sept péchés capitaux aux hommes, l'Africain a tiré la gourmandise et la colère."

Coeur cousuPrix Renaudot des Lycéens
Carole Martinez Le coeur cousu (Gallimard)






Le rapport de BrodeckPrix Goncourt des Lycéens
Philippe Claudel Le rapport de Brodeck (Stock)

La première phrase :
"Je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien."



Alabama song Prix Goncourt
Gilles Leroy Alabama Song (Mercure de France)

La première phrase :
"Soudain, notre ville endormie fut envahie de milliers de jeunes gens, des pauvres gars pour la plupart, arrachés à leur ferme, leur plantation, leur échoppe, venus de tous nos Etats du Sud tandis que leurs officiers frais émoulus de l'école militaire descendaient du Nord, des Grands Lacs et des prairies (jamais depuis la guerre civile on n'avait vu autant de yankees en ville, me dit maman)."

Chagrin d'écolePrix Renaudot
Daniel Pennac Chagrin d'école (Gallimard)






Ni d'Eve ni d'AdamPrix de Flore
Amélie Nothomb Ni d'Eve ni d'Adam (Albin Michel)

La première phrase :
"Le moyen le plus efficace d'apprendre le japonais me parut d'enseigner le français."


Le CerclePrix Décembre
Yannick Haenel Cercle (Gallimard)






Tous les ans, les Prix Littéraires sont contestés : on parle de jurys partiaux, calculateurs, de copinage et assez peu de belles découvertes littéraires. Cette année ne déroge pas à la règle, mais les critiques se sont fait encore plus véhémentes, et pour cause ! Sur les 10 prix que je vous ai présenté, 5 reviennent à la maison Gallimard (Mercure de France en est une filiale à 100 %, dirigée par Isabelle Gallimard herself). Comme on pouvait s'en douter, la grogne est sévère chez les autres éditeurs, à l'instar d'Héloïse d'Ormesson qui, on le comprend, se demande un auteur de talent comme ceux qu'elle publie et défend peut espérer être primé autrement qu'en publiant chez Gallimard.

Un autre "coup de gueule" que je relaie est celui de Christophe Donner, dont j'ai vraiment aimé le dernier titre : Un roi sans lendemain (Grasset), qui a bien failli remporter le Prix France Télévision (attribué par un irréprochable jury de téléspectateurs, et non d'académiciens, au méritant Olivier Adam pour A l'abri de rien chez l'Olivier) et le Prix Renaudot, pour lequel il était largement favori. Le problème vient justement de ce prix, attribué à Daniel Pennac pour Chagrin d'école (Gallimard encore) ... qui ne faisait pas partie de la sélection ! Il s'agissait dit-on d"un "coup de coeur" du président (dont la voix compte pour deux). Je pense que c'est quelque chose que l'on aurait pu comprendre s'il s'était agi d'un jeune auteur prometteur que l'on eut voulu propulser sur le devant de la scène. Or personne ne dira que Daniel Pennac avait besoin d'un prix pour faire parler de son livre, qui figurait depuis sa sortie parmi les meilleures ventes.